Lettre chanceuse
Martin on Oct 27 2007 at 8:53 | Filed under: au-trescols, family, français, reflexions
C’est l’histoire d’une lettre qui a eu du mal à partir. Adressée à un retraité local qui effectuait avec sa petite pelleteuse, des travaux pour voisins et amis. Il m’avait promis: “Sans problème, je viens chez vous” mais il avait fait faux-bond sans avertissement et sans excuses. Le genre, en fait, de “rigolo” sur lequel on ne doit pas compter. Après hésitation, j’avais pris ma plume pour le lui dire.
La lettre aurait pu partir de la poste de Port de Penne, mais je n’ai pas eu le temps. Elle l’aurait pu s’envoler de Blagnac où je passais le jour suivant en route pour Athènes, mais j’ai oublié de la poster. Elle aurait pu partir de Roissy lors de mon escale, là aussi j’étais distrait.
J’ai pensé y rajouter un timbre et l’envoyer depuis la Grèce, mais je n’allais quand-même pas faire cet effort. Alors je pensais que je rattraperai le coup au retour, à Paris. Mais à Roissy je me suis retrouvé comme “nauffragé d’Air France” et perturbé encore la lettre n’est pas partie. Ni aux gares Montparnasse et Matabiau le lendemain, où je passais en éclair. Puis dernière escale, de retour à Blagnac pour récuperer ma voiture. Décidément, cette lettre aura fait des kilometres avant d’être expédiée.
Mais quel coincidence, quel chance qu’elle soit restée en rade. Car de retour chez moi, une des premières nouvelles de notre vallée provient de Michel. “Tu sais B…, on l’a appris par le journal, il est mort subitement la semaine dernière.” Oui, la pelleteuse n’est jamais venue, et ma lettre ne partira jamais.